Des Blogueurs DEBLOGUONS
(d'hier, du présent et d'un demain pas si lointain)


PENDRAGON  « Men Who Climb Mountains » (2016)


Le roi Camel est en sommeil, vive le roi… Pendragon ! Leur nouvel opus est paru après trois ans d’absence discographique (la gravure de « P.A.S.S.I.O.N. » remontant à janvier 2011).

«Men Who Climb Mountains»: l’Album concept de la décennie; la quintessence du néo-prog planant, avec un mélange de Floyd par son côté spatial, de Camel dans la ciselure de la six cordes, et de Crimson avec sa noirceur épidermique. Leur son est étrangement proche du trio précité: les nappes d’orgue “wrightiennes” éthérées, la guitare stratosphérique “latimérienne”, et la beauté sombre emprunte de poésie exhalée par le “Roi Pourpre”… émaillées par ces envolées lyriques propres au rock symphonique.

Un album concept disais-je, comme tous les grands de ce monde prog ésotérique ont su en faire au moins un; 64 minutes de bonheur inquiété. Suite à la courte intro “Belle âme” en forme de yin et “Beautiful soul” – le yang – vient le long moment des sucreries acidulées et des enluminures, à partir de “Come Home Jack” (le titre phare ô combien resplendissant); jusqu’à “Netherworld”, qui conclut brillamment, mais trop brièvement, cette heure musicale de pure évasion.

Mais son univers n’est pas simple jeu… Il faut lui accorder du temps et se laisser chahuter au fil de tempêtes apprivoisées pour atteindre des oasis pacifiés, vaguer sur des sables ondoyants et multicolores, finir par s’égarer dans des sanctuaires purifiés, des cathédrales sonores désenglouties.

Si nous devions partir sur une île déserte avec les cent meilleurs albums de toute l’histoire de la musique progressive, celui-là en ferait incontestablement partie; et je me laisserais même aller jusqu’à dire… parmi les dix premiers. Une œuvre majeure et délectable que l’on se doit de posséder dans sa discothèque.

Mike “The Letter”

Ecoute bandcamp

Discographie Pendragon


LEA DEMAN Blackrain CD – (2020)


Notre mémoire résonne encore du très beau disque de Lea Deman « Sings Chet Baker », où elle avait su trouver le velouté nécessaire enrobant les mélodies du Chet.

Pour pouvoir sortir son nouvel opus « Blackrain », Léa a bravé courageusement l’incertitude du semi-confinement. Avec cet album, elle amène une couleur nouvelle mêlant haute énergie et ballades rêveuses…

La production de Guesch Patti est toujours aussi léchée; avec, pour cette occasion, l’apport essentiel de musiciens irréprochables: deux guitaristes complémentaires, Stéphane Guery et l’incendiaire Claude Barthelémy (souvenez-vous de son passage à l’ONJ); Jean-Luc Ponthieux à la basse (acoustique ou électrique) et Eric Groleau à la batterie, assurant un groove chaloupé. Notons que la photo de pochette, excusez du peu, est signée Pierre Terrasson.

Pour ce nouveau voyage, les compositions de Lea Deman sortent des sentiers battus, nous amenant de façon débridée à un blues-pop-jazz flirtant avec un free-rock bruitiste qui devrait faire merveille en concert. En attendant impatiemment la reprise de la vie nocturne (la vraie vie), montez le son, bordel !

Bil Namtra

facebook Lea Deman

site officiel Lea Deman


AL STEWART  CD « Uncorked » (2010)


Une ancienne pépite dans les bacs spécialisés…. L’enregistrement des concerts de la dernière tournée qu’Al Stewart effectua en mai dernier aux États-Unis, en duo avec un certain Dave Nachmanoff.


Le Cd est sorti en juillet 2010, qui regroupe 13 morceaux issus de trois dates. Le chiffre 13 lui porterait-il chance ?… Effectivement, ce disque est un pur joyau pour les amateurs de guitares “folkisantes”.
Al Stewart avait déjà publié plusieurs Cds live, mais un seul en duo (« Rhymes in Rooms », en 1992, avec Peter White). La comparaison est évidente, puisqu’il était là aussi question d’un face à face entre deux guitares acoustiques… disons plutôt côte à côte sur ce nouvel opus. 
Nous sommes en présence d’un objet source de nostalgie, car l’enregistrement studio du morceau le plus récent remonte à 1988 (“Last Days of the Century”, que l’on retrouve sur l’album du même nom)… Si ce n’est “Coldest Winter”, un inédit présent sur un Cd live pirate enregistré en 1996 et carrément introuvable. Il est à noter que durant les 22 dernières années, Al Stewart n’a enregistré que 5 albums studio; son dernier (« Sparks of Ancient Light »), très intéressant et varié, ayant été publié par un label indépendant spécialisé dans la musique folk en 2008.


Mais revenons à “cet obscur objet du délire”, je veux parler du nouveau Cd intitulé « Uncorked » (inutile de traduire, la pochette vous renseignera).
Et pour rester dans l’ambiance vinicole, disons que le contenu de cet album est un savoureux cocktail moitié guitare moitié chant. Al Stewart n’a rien perdu de sa voix nasale si particulière et, malgré ses 65 ans, a su conserver la fraîcheur qui faisait déjà merveille sur « Bedsitter Images » (son premier vinyle paru en 1967, voilà presque un demi siècle).


Je vous disais tout au début “pépite”, et j’ajouterais “alchimie”: Al Stewart a le don de transformer en or les notes qui filent sous ses doigts. Et ici nos deux musiciens ne déclarent pas leurs arpèges, ils les murmurent. Quant aux morceaux plus musclés, point n’est besoin de décibels à grand renfort de watts: les guitaristes électrisent leur instrument par leur seule fougue et leur spontanéité.
Bref, voici un Cd à déguster intégralement un verre à la main (pour faire honneur à Al Stewart, le baladin de l’œnologie) au fil des soirées automnales.

Mike « the letter »

site officiel de Al Stewart

facebook Al Stewart


CIRCLE (Finlande) LP « 6000 km/h » (2015) Petite chronique de l’album


J’avais toujours en mémoire un concert organisé par nos amis de Sonic Protest, dans un lieu ressuscité dans lequel œuvrèrent en leur temps les frères Lumière et le génial Georges Méliès.

Il n’y a pas de hasard: la semaine dernière, chez le disquaire « Le Souffle Continu » (ce temple des musiques improbables, à une encablure du cimetière parisien du Père Lachaise), nous sommes tombés sur le disque « 6000 km/h » de Circle… qui nous a replongé dans la mémoire jubilatoire du concert qui se déroula dans les entrepôts susmentionnés.


On y retrouve effectivement l’indispensable énergie propulsée par les 3 guitares résolument complémentaires encadrées, comme il se doit, par l’impitoyable duo basse-batterie (le V8 Ferrari belle époque bénéficiait d’une telle énergie… Kimi “Iceman” Raikkonen n’a-t-il pas, en son temps, survolé le monde de la F1 ?).
Charmés, pourrait-on dire, brinquebalés par la poésie éruptive du chanteur claviériste qui, pour nous français, n’est pas sans rappeler… un certain Antonin Artaud !
Il y a quelque chose d’infiniment nordique dans cet album, comme si des vikings abreuvés de Sibelius réinventaient le funk de James Brown après un petit séjour chez Motörhead, et un bref week-end passé à Canterbury.

Mais ici, le langage est tout autre. Les 3 guitares, essentielles, se répondent en une dentelle savante qui s’étale inexorablement dans une répétition qui n’est qu’apparente, trompeuse. Des paysages variés défilent les uns après les autres, et on est envoûté par ce qui est tour à tour un rêve et un cauchemar, soulignés par une voix exceptionnelle qui n’y va pas de main morte (oh non !), dans un jusqu’au-boutisme implacable aussi logique que nécessaire. S’agit-il d’un terre gelée, d’un magma en fusion ? Sans doute les deux, tour à tour ou simultanément.
Glacial, mais gare aux brûlures ! La forme free est bien sûr présente; que diable, soyons réalistes !

Et ce tout demande tellement à être vécu sur scène (la vie bordel !), mais surtout écouté à un volume sonore ad hoc… Ils ne nous laissent aucun répit, les bougres, il faut s’accrocher pour les suivre, et ne pas descendre en chemin, il y a trop de virages.Il

Rob Lloyd et Bil Namtra

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